dimanche, octobre 2, 2022

Discussion avec Ugo Ferrari, ultra-traileur aux multiples casquettes

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Vie de Runner : Bonjour Ugo, je vais rentrer dans le vif du sujet directement : tu te fais rétrograder de 2 places au classement du meilleur D+/D- en 24h, avec un Italien qui augmente de 1500m ce que tu avais réalisé.
Tu le prends comment ?
Ugo Ferrari : Je suis très content qu’il y ait d’autres personnes qui l’ait tenté ! Qu’ils aient échoué à peu de chose comme Romain Sophys ou qui ont amélioré la marque comme le finlandais [NDLR Juha Jumisko].
Ces deux personnes l’avaient tenté sur une bosse plus courte que moi, alors je me suis dit, putain ils ont trouvé le bon filon ! Et c’est obligé, quelqu’un va vraiment améliorer le truc. Sur une bosse courte, visiblement il y a moyen de faire des choses excellentes.
Je voyais bien que c’était possible de faire beaucoup mieux et ouais… l’italien fait 17000.

VDR : C’est possible d’aller le chercher ?
Ugo : Il a pris une bosse qui est extrêmement difficile parce quelle n’était pas raide, ce qui est contre productif, et très longue, ce qui est contre productif aussi. Pourtant il va faire 17000m, +140km mais il est battable.

VDR : Tu penses aller jusqu’à combien personnellement ?
Ugo : Je pense que je peux largement faire + de 18000. Je ne vais pas le faire tout de suite, puisque il y a mon frère qui va d’abord essayer le 11 juillet puis Aurélien Dunand-pallaz, qui est un excellent coureur, va également essayer le samedi 5 septembre je crois.
Aubin va le faire sur une bosse d’à peu près 100m et Aurélien une bosse d’à peu près 200m. Là ils vont avoir deux bosses vraiment très très très rentables. Moi j’essaierai. Là j’ai quand même une grosse envie de retourner à la compétition, la vraie, les courses, les ultras.
Je n’essaierai pas en 2020 c’est quasi certain. 2021, je verrai quand je pourrai le caler. Je pense après l’UTMB comme j’avais fait en 2019, ou en 2022 pour mes 30ans ! Mais je pense que je ne vais pas réussir a me retenir aussi longtemps, à mon avis ça sera fin septembre 2021. Objectif 20 000 !

Pendant son record de D+/D- en 24h ? Pierre GuilbaudVDR : Depuis la première « marque » de Benoît Girondel avec 12870m…
Ugo : C’est pas du tout la première marque, il y a au moins 4/5 personnes qui ont fait des marques avant lui et d’ailleurs Benoît n’avait pas fait la meilleure des marques, quelqu’un avait déjà fait 13000 avant que lui ne fasse 12 870. Là il faut voir le tableau que j’avais publié dimanche 14 juin.
VDR : … la limite ne cesse d’être repoussée avec donc un dernier record en date à 17 000m (chiffre rond !?) de Luca Manfredi Negri
Ugo : Alors oui, Benoît l’a fait sur une bosse pas du tout rentable. En terme de dénivelé, elle est très roulante, en plus il y a des racines de partout. Il l’a fait au Pas du Touet, c’est une bosse par chez lui, très sympathique, que j’ai monté aussi quand j’étais étudiant à Valence, c’est très joli. Mais pour faire un max de dénivelé en 24h, c’est tout pourri !
Tu dis « 17 000 chiffre rond de Lucas Manfredi ». 17 000, il a arrondi sa bosse à 500 mais elle fait pas 500 donc on lui a demandé de mesurer précisément, parce que ça n’existe pas une bosse qui fait 500m. Un géomètre va prendre deux points de mesure, altitude basse, altitude haute, puis il va trouver un truc qui fait 494 ou 506 mais pas 500. Après je pense qu’il a mis 500 sur son tableau de marche parce qu’il a été énormément suivi et ça c’est très bien. Il y avait beaucoup de gens dans la station des dolomite, l’Aprica, qui suivaient ça. Donc si tu veux, le pékin moyen tu lui mets pas un chiffre de chtarbé, 503 + 503 + 503, non ! Tu lui mets 500 et puis ça va bien, ça fait plaisir aux gens qui viennent !

VDR : Tu avais déclaré à Trails Endurance Mag que Kilian pouvait viser 18500 D+/D-. C’est toujours ce que tu penses ou tu penses qu’on peut aller taper 19, 20 000m de D+/D- avec LA bonne bosse ?
Ugo : Oui largement, très largement. En fait ça dépend dans quelle bosse il le fait et quelle implication il met dedans. Il faudra attendre que Aubin et moi le fassions dans notre bosse qui fait 100, enfin 103,3m, on l’a déjà mesurée avec un géomètre et l’aller-retour fait 720m de distance. On va déjà voir combien fait Aubin et combien je fais en 2021 et après je te dirai combien pourra faire Kilian. Si il prend une bosse très très rentable, car celle qu’on a est une tuerie, il n’y a pas de virage, pas de replat, c’est tout droit, il y a peut être un seul tout petit cailloux, et encore je vais le dégager à la pioche, il doit pouvoir passer largement les 20000. De toute façon en course à pied, dès que tu fais un truc, il faut te dire que Kilian peut faire mieux. Ça te donne un ordre d’idée !

VDR : J’ai cru comprendre que ton frangin, Aubin Ferrari, a posé la date du 11 juillet.
Ugo : Exactement, sauf si il fait trop chaud, il n’ira pas.

VDR : Tu vas l’accompagner ou tu vas attendre sagement une période plus propice pour faire une nouvelle tentative ?
Ugo : Je vais l’accompagner brièvement par morceaux et moi ça sera peut-être fin septembre 2021.

VDR : Un pronostic pour sa tentative ?
Ugo : Ça dépendra de la météo. Si il fait trop chaud, c’est même pas la peine d’essayer. Et si il fait comme en ce moment, on est mi-juin, on a des journées à 20° : c’est pas mal, ça fait une nuit fraîche mais pas trop. Ce qui est bien c’est que le 11 juillet aura plus de luminosité en tout cas plus que moi fin septembre. Donc un pronostique … il va partir avec un tableau de marche de 18 000. Ça lui fait faire des allers-retours dans notre bosse à un peu plus de 8 minutes. Écoute, ça a l’air confortable, après évidemment, le problème c’est de tenir 24h forcément!

UTMB 2019 ? Ugo FerrariVDR : Retour sur une deuxième mauvaise nouvelle, ce sera la dernière, promis !
Ton graal, l’UTMB, est annulé comme beaucoup d’autres courses à cause de ce fucking COVID-19…
Ugo : Hé oui ! et ça fait chier ! Mais il n’est pas annulé à cause du COVID-19, il est annulé a cause des décisions du gouvernement et de l’organisation de course. Le COVID-19 n’a rien à voir là-dedans. Le COVID-19, c’est juste un virus, ce n’est pas lui qui décide ! Ce sont les hommes qui décident, ça n’a rien à voir.
VDR : … cette course n’est pas comme toutes les autres courses. Et encore moins pour toi.
Ugo : Hé oui, c’est très particulier, il faut être un menteur pour affirmer le contraire !
VDR : Combien de paquets de mouchoirs, de litres de larmes perdus ? 😉
Ugo : Rien ! Je pensais qu’il allait être décalé mais bon, il a été annulé. Si tu veux, moi c’est pas très grave, je progresse chaque année, donc si l’UTMB est annulé et qu’il n’a pas lieu en 2020 mais en 2021, je serai encore plus fort donc finalement c’est pas très très grave.
Après c’est un petit peu décevant de ne pas pouvoir s’étalonner chaque année car du coup il y a une année qui saute.. Bon… tant pis !
Mais vu que c’est le cas pour tout le monde, j’étais pas hyper déçu. Et aussi il y a un autre truc, c’est que quand tu fais l’UTMB, ça te bloque tout ton mois de juillet et août . Tu ne peux rien viser d’autre et même en juin tu peux parler uniquement de semi-objectif, hormis chez les menteurs qui pensent qu’ils peuvent avoir des objectifs tous les mois ce qui est entièrement faux.
Donc je vais pouvoir faire l’Échappée Belle. C’est une course, quand tu habites dans le coin, vers Grenoble, Chambéry ou même Annecy, même si là c’est pas pareil… disons que sur Grenoble tu as toujours le nez sur le massif de Belledonne : tu vois cette montagne impressionnante ! Et à l’Échapelle Belle, tu la traverses. Tu pars de Vizille qui est à côté de Grenoble, tu montes immédiatement à Chamrousse et après tu traverses tout le machin. C’est épique ! C’est terrible ! Et de par le dénivelé, et de par la technicité du terrain. Et donc je peux faire l’Échappée Belle, alors ça va être très intéressant aussi.
L’année est particulière mais elle est tout aussi intéressante.
Vu que c’est pour tout le monde pareil, je ne suis pas trop déçu. Alors que si tu te tors la cheville deux jours avant et que tu es le seul con à ne pas pouvoir faire l’UTMB : là ouais ! Tu es vachement déçu ! Là… bon… trois mois avant on te dit qu’il n’aura pas lieu… il y a même des jours ou tu l’a oublié en fait !
VDR : Il y a énormément de courses, toutes plus belles et difficiles les unes que les autres avec parfois un plateau très relevé. Pourquoi te focalises-tu sur l’UTMB chaque année ? Le lieu ? Le mythe ? la densité de la concurrence ? Le fait de pouvoir constater ta progression sur le même genre de parcours chaque année ?
Ugo : Pourquoi je me focalise sur l’UTMB ? Parce que je suis un compétiteur ! Et j’aime l’ultra-trail ! Et si on veut faire de la compétition en ultra-trail, le seul moyen de savoir si on est bon c’est de s’étalonner par rapport aux autres. Et pour ça, il faut aller sur la course où il y a les meilleurs : et c’est l’UTMB !
Il n’y a pas tout à fait TOUS les meilleurs car il y en a toujours un ou deux qui filoute et qui va sur la CCC et la TDS… c’est assez dommage.
Je pense qu’il faudrait virer les primes en argent sur la TDS et la CCC. Déjà qu’elles sont pas bien élevées, c’est pas non plus fantastique, mais faudrait les virer et mettre les primes en argent uniquement sur l’UTMB pour qu’on ait vraiment TOUS les meilleurs ultra-traileur.
Et pour la CCC, la TDS, on laisse plutôt les gens qui sont là plus pour le plaisir. C’est pas parce que tu mets 100 élites de plus sur l’UTMB qu’il n’y aura pas encore 2000 gens qui sont là uniquement pour le plaisir, on ne les remplace pas non plus.
« Le lieu, le mythe », ouais c’est ça, c’est le mythe !
« Densité de la concurrence » c’est ça. La seule course qui doit égaler l’UTMB a un plateau qui est 50% moins fournie donc c’est à des années lumières !
Si tu veux être bon en ultra en fait, il suffit de faire la Transgrancanaria. Madère c’est de plus en plus vrai également. Le Lavaredo est assez dense puisque les chinois ont beaucoup tendance à y venir par rapport à l’Eiger. L’UTMB bien sûr. Et puis en fin d’année, c’était un tout petit peu le cas l’an passé et ça va l’être encore plus cette année, ça va sans doute grossir au fil des ans, tu auras Cape Town qui va monter en puissance
Et puis oui, c’est ça, le fait de pouvoir constater sa progression sur le même genre de parcours chaque année. Puis j’aime bien, tu fais le tour du Mont Blanc, c’est un parcours qui parle, tu as les trois pays traversés, tu as un public, il y a tout ! Tout est là, il ne manque rien !

VDR : Question à +300 patreons, courir l’UTMB ou l’animer au micro ? 😀
Ugo : Ça c’est extrêmement facile à répondre, c’est courir l’UTMB ! L’animer, non, je n’accepterai pas, je ne le ferai pas.

Speaker à l’UTHG 2019 ? Ultra-Trail® du Haut-GiffreVDR : Ce qui m’amène à ta seconde casquette comme on dit, l’animation !
Ugo : Eh oui ! J’aime beaucoup les casquettes en plus.
VDR : Ce weekend devait se tenir l’UTHG.
Ugo : Oui, à Samoëns effectivement, en plus j’adore le coin. Et chaque année mes parents et mon frère font une des courses qui a lieu là bas. Alors parfois c’est le 30, 50 ou 80. Et cette année ils avaient prévu un 120km !
VDR : Même si j’habite dans le nord (hé oui!)
Ugo : Ouhla… c’est terrible ça !
VDR : Je suis un amoureux de Samoëns depuis qu’on y a passé une groooosse partie de nos vacances en famille, été comme hiver, quand j’étais petit.
Ugo : Oui ça c’est tout à fait normal. Bah là tu peux remercier ton papa et ta maman ils viennent de te donner une éducation parfaite, « été comme hiver » en plus ! Récidiviste donc ! Très bien, très très bien !
VDR : Je t’ai d’ailleurs découvert dans ton rôle de speaker pour la première fois pour l’édition 2019 qui avait dû être écourtée suite à de violents orages.
Ugo : J’ai fait 2018 aussi. 2019, effectivement il y a eu les orages. Je ne sais pas quelle course tu as faite, beaucoup ont pu arriver, sur le 50km on a dû en faire rentrer les 2/3 et sur le 90 seulement 7 coureurs à l’arrivée après il ont tous été arrêté.
VDR : C’était le 90 et je n’ai pas les jambes pour finir dans les 7 premiers survivants ! J’arrête de raconter ma vie. Je reviens à toi !
Il ne me semble pas que tu ais déjà pris le départ d’une des courses proposées sur cet événement ? Tu n’en a pas eu l’occasion car pris par l’animation à chaque fois ?
Ugo : Non je n’ai jamais pris le départ d’une des course de Samoëns parce que je les ai animé depuis le début.
En 2017 mon frère avait gagné l’ultra moi je n’y était pas parce que que je faisais l’Eiger mais ouais je les anime, c’est différent. J’ai commencé Samoëns par l’animer justement…
Mais c’est vrai que les parcours sont beaux ! J’en ai fait une grande parti à l’entraînement donc je vois largement où vous allez presque partout.
Je suis très content de l’animer chaque année et là c’est vrai que ça manque, ça va être le weekend de Samoëns, ça manque un peu. En plus, hormis les violents orages de l’an passé, en général il y a une super météo, tu passes un bon moment. L’organisateur est vraiment sympa, il me met un joli hôtel, c’est agréable. Bon je passe pas longtemps dans la chambre ! Parce que Samoëns, cette année ça aurait été encore pire car il y avait un départ à minuit, un à 3h et à 5h…donc tu vois je ne dors pas trop ! En plus moi la sieste, je sais pas faire donc une fois que tu m’as réveillé, c’est fini !

VDR : Au niveau de l’animation, comment ça se passe ?
Tu « prospectes » les organisateurs ou ce sont eux qui viennent te chercher ?
Ugo : Eh bien c’est très simple ! Quand j’ai démarré dans l’animation, j’ai pris le calendrier des courses hors stade de la région Rhône-Alpes-Auvergne [NDLR, on retrouve bien le Duc de Savoie, la région c’est « Auvergne-Rhône-Alpes », pas « Rhône-Alpes-Auvergne » 😉 ] et j’ai appelé tout le monde. Ça représente trois mois de travail avec des horaires de 7/8h par jour.
Parce que quand tu appelles quelqu’un, il ne répond pas forcement. Des fois il répond non, des fois il répond que ce n’est pas lui qui organise et il te donne un autre numéro et ça rebondi, ça rebondi, ça rebondi… Des fois il n’y a pas les numéros donc tu te rends sur le site de la course etc…
Après il faut que tu tiennes à jour un excel pour référencer toutes les courses où tu as déjà appelé, celles où c’est en cours de négociation, celles où c’est non etc…
En gros j’ai mis trois mois à contacter tout le monde et me faire une base de données propre. Pendant ce temps-là, j’ai eu quelques événements qui sont rentrés et après il y a eu le phénomène de bouche à oreille qui est excellent pour tous les auto-entrepreneurs. C’est valable dans tous les domaines.
Chaque année tu as quelques courses qui se décalent un peu. Je pense à des courses qui ont lieux uniquement sur le week-end de l’Ascension, donc elles, elles bougent dans le calendrier entre mai et juin chaque année. Tu ne peux pas forcément chaque année animer les mêmes, même si l’organisateur souhaite te reprendre, parfois il y a des doublons. Tu contactes d’autres copains speakers. Et il y en a quelques-uns, mais il n’y en a pas non plus 50, donc j’ai fait un peu « du remplacement » pendant l’été 2017. Et voilà c’est comme ça, que ça a gentiment percé.
Après il faut aussi savoir que parmi les speakers, je suis peut-être le plus jeune. Il y a Romain Thomas dans les Pyrénées qui est très jeune également.
Mais la plupart ont passé la cinquantaine donc des fois ils sont heureux de pouvoir lâcher un ou deux événements. Alors lâcher, « lâcher » entre guillemets bien sûrs ! C’est un métier très fatiguant, tu restes debout plus ou moins toute la journée, parfois la nuit. Il faut parfois mettre du PEPS quand il faut mettre du PEPS ! Pas tout le temps, sinon tu tues les gens, tu les saoules ! Donc tu vois, de temps en temps ils sont heureux aussi de laisser une course aux jeunes, de passer la main !

VDR : Tu es plutôt Julien Lepers avec des fiches bien propres, préparées à l’avance sur les précédentes éditions, les coureurs inscrits, etc. ou au contraire ta connaissance du milieu te permet d’être totalement ou presque en freestyle ?
Ugo : Ouais, ça je l’étais beaucoup au début. Je venais avec des tonnes de documents sur ma tablette, je te faisais même le patrimoine de la région ! Et progressivement, j’ai arrêté pour deux raisons.
La première, c’est que, globalement, les gens s’en foutaient [rires] !
Et la deuxième, c’est que plus tu vas sur un événement, mieux tu le connais d’années en années ! Tu sais que c’est Kevin qui gère les bénévoles, tu sais que c’est Pascale qui gère les inscriptions, tu te souviens !
Voilà telle montagne… ah oui ! tu te souviens du nom… ah oui c’était tel kilomètre, tu te souviens progressivement !
J’ai une très bonne mémoire, donc plus tu animes de courses « moins tu les prépares ». Entre guillemets bien sûrs parce qu’il faut toujours une certaine base. Sur ma tablette j’ai les heures de départ vraiment à chaque fois. Faut pas que tu ais fait une seule erreur parce que la boulette prend des proportions terribles.
En général je m’y mets le lundi pour le week-end pour ne pas me mélanger entre deux animations.
Et donc je fais un petit bilan : est-ce que c’est les mêmes heures de départ ? Est-ce que c’est au mêmes endroits ? Est-ce que c’est les mêmes parcours ? Bien évidemment ça change souvent donc je fais mes petites modif.
Après tu prends la liste d’inscrits. Hop hop hop, tu épluches un peu le truc, dès que tu vois un nom que tu connais, TAC ! tu vas voir un peu sur ITRA, sur Kikouroù ce qu’il a fait dernièrement.
Et puis voilà, ça t’occupe gentiment toute la semaine, une heure par-ci, deux heures par-là.
Arrive le week-end où là, tu es en plein dedans ! Et encore une fois, tu vas entre guillemets « improviser au fil de l’événement ». C’est une fausse improvisation puisque elle émane des dernières courses auxquelles tu as participé ou animé. Donc c’est une improvisation basée sur l’empirisme.

VDR : J’invite les lecteurs à écouter un de tes derniers podcasts où tu parles de tes animations : #104 – Les animations micro réalisées
Ugo : Oui, j’avais quasiment tout listé je crois dans le podcast numéro 104. J’en ai peut être oublié une ou deux. J’ai quand même une quarantaine d’événements chaque année donc ça en fait un paquet, mais je peux toutes les sortir de mémoire !

Trail du Nivolet Revard ? PixalpesVDR : Autre casquette encore, tu participes également à l’organisation du Trail Nivolet Revard dont tu as repris la présidence en 2018.
Ugo : Effectivement, j’ai repris la présidence en 2018. Le rôle du président est un petit peu différent des autres bénévoles. On est tous bénévoles à la Nivolet Revard.
Le président et les membres du bureau travaillent toute l’année.
On fait une réunion tous les mois et elle dure à peu près trois heures à chaque fois. On y fait un bilan. J’ai mon Excel avec les tâches, les deadlines et tout le bordel comme quand tu es ingénieur et que tu dois sortir un produit. Sauf que là, tu dois sortir une course pour 1500 personnes !
Donc ça demande trois heures par mois.
Et puis après sur mon ordi je pianote un peu. Tu vois au cours des semaines, j’entretiens un peu le site Internet. Tu as toujours des modifs à faire : les dates, les sponsors, tu en as toujours un ou deux qui changent d’une année sur l’autre, etc.
Et par contre, le jour de la course, tous tes bénévoles entrent en jeu, donc c’est eux qui font le boulot. Et toi, il faut juste que tu aies l’œil partout pour voir ce qui va, ce qui ne va pas !
Alors globalement tout va, c’est en général des petits détails que les coureurs ne voient pas et que tu vas résoudre tout au long de la journée. Donc t’es là au talkie en disant « Ouais pourquoi Jean-Pierre n’est pas son poste ? », « Hé Monique, elle a pas coupé les oranges au ravito ! ». Donc tu fais ça un peu toute la journée.
Tu fais bien gaffe que les horaires soient respectés. Pour les départs ça se fait assez facilement, tout le monde fait attention mais il y a les horaires des podiums, les horaires d’ouverture de la salle de kiné et des trucs comme ça…
Donc ouais, tu chapeautes un peu la journée mais en gros, le jour J, tu es plus un chef d’orchestre qui vérifie que tout va bien. Et chez nous, globalement, tout va bien !
C’est vraiment toute l’année où là tu es un peu plus tout seule pour poser les briques une à une.
Des bénévoles entrent en jeu deux semaines avant avec ceux qui vont ratiboiser un peu le terrain et baliser. Mais le gros des bénévoles c’est sur le weekend et puis sur le jour J.

VDR : Pourquoi avoir repris cette organisation en plus ? Car je suppose que ça doit te prendre énormément de temps et d’énergie ! Le fait que ce soit « chez toi » ?
Ugo : Ça faisait déjà deux/trois ans que le président disait, « bon les gars, ça fait cinq, six années, ça fait beaucoup et tout, j’aimerais me retirer ».
J’intervenais de manière très ponctuelle dans la manifestation du style, une année j’étais au parking.
J’avais un gilet jaune, j’étais un précurseur [rire!], et j’orientais les voitures pour qu’elles se garrent le matin.
Donc on voyait que le président en avait un petit peu mare et puis je ne voulais pas qu’il fasse l’année de trop, qu’il pète un câble, qu’il s’énerve ! Donc je lui ai dis, « bah écoute, moi ça m’intéresse. Avec mon métier d’animateur j’ai du temps en semaine pour m’en occuper. Je pense que je peux le faire sans trop me prendre la tête » et il me dit « Ca serait cool ».
Il quitte son poste de président et se met simplement en retrait. La première année, on a fait « main dans la main » puis là c’était la deuxième année en 2020. Bon, elle n’a pas eu lieu à cause du gouvernement qui nous a interdit de faire des manifs’.
Là je l’ai fait plus tout seul et il a quand même géré pas mal de dossiers partenaires dont il avait l’habitude. Il est resté avec un bon pied dans le truc, toujours membre du bureau bien sûr.
« Ça me prend énormément de temps », oui, ça prends un peu de temps après c’est pas excessif. Ça te prend moins de temps qu’un gosse quoi !
« Et d’énergie ». Ouais, ça te prend un peu d’énergie. À des moments ça t’amène de l’énergie positive. La satisfaction du devoir accompli, voir les gens contents que tout se passe bien le jour J, ça t’amène énormément d’énergie positive !
Et puis des fois, oui… un peu d’énergie négative. Quand t’as une livraison, le mec arrive en avance, toi tu arrêtes tout ce que tu étais en train de faire pour y aller. Quand il y une coquille quoi. Une coquille, ça t’énerve, ça t’agace.
Je dirai que c’est une balance qui s’équilibre donc ça va !
Et effectivement, c’est chez moi ! Ça me tenait à cœur aussi bien sûr que la manifestation ait encore lieu. La Nivolet Revard c’est des chemins que je parcours en long en large et en travers. Je pourrais même te faire un ultra dans le massif, très facilement, mais c’est pas la philosophie du truc. 50 bornes c’est déjà bien surtout début mai !

VDR : Tu réserves des surprises / modifications de parcours pour les prochaines éditions ou tu restes fidèle au tracé ?
Ugo : Non, on va rester assez fidèle au tracé parce qu’il a été un petit peu modifié en 2019 et il y a eu de la neige. Donc les coureurs n’ont pas encore pu trop s’exprimer.
Et donc si on se fait une ou deux éditions sous le soleil, on changera deux trois trucs mais à chaque fois c’est petite variantounette.
Le but du jeu, c’est que les mecs passent Au Revard et à la Croix du Nivolet, dans un sens ou dans l’autre pour avoir vraiment les deux points de vue.
Du Revard, tu as surtout le lac avec le bassin Aixois qui est très beau
Après bien sûr, tu vois plus loin sur le Colombier dans l’Ain, le Relais du Chat.
Et à la croix du Nivolet, tu auras une vue plus orientée vers Belledonne, le massif de la Chartreuse et Chambéry, le bassin Chambérien. C’est intéressante aussi !
« Des surprises ? » On peut mettre des petites conneries, de temps en temps. L’an passé, j’avais mis des musiciens avec le Cor des Alpes, un jeune chanteur aussi, des animations pour les enfants avec des trucs d’orientation donc quelques petites surprises toujours, toujours !
Pour remplir l’édition, il nous faut 1500 coureurs. Et c’était le cas en 2019. Si on remplit l’édition, on fait un petit peu de bénéfices. Comme on est une association, on ne peut pas mettre cet argent dans nos poche, c’est illégale. Du coup on le réinjecte dans la course.
Ça se fait de deux façons.
Une qui gonfle notre trésorerie, ce qui fait qu’on a pu rembourser tout le monde en 2020.
Et une qu’on « dilapide » entre guillemets. Là les bénévoles allaient avoir un très gros cadeau cette année, que je garde secret, mais ils l’auront pour 2021.
De temps en temps on prend un prestataire de plus, des musiciens, un château gonflable pour les enfants. Une animation biathlon aussi, ça se fait beaucoup par chez nous. Des petits trucs comme ça, des devis à 600/700€ qui passent comme ça de droite à gauche pour mettre un peu plus de trucs rigolos dans dans le bordel !

Trophée du record de D+/D- en 24h ? Pierre GuilbaudVDR : Beaucoup de coureurs se lancent dans des projets off et plus personnels. Souvent en lien avec la course à pied mais pas toujours.
Ugo : Oui oui oui Stéphane Brogniart qui a fait du kayak sur l’eau, ce dingue ! [NDLR, on en parlait dans l’anecdote « Stéphane Brogniart, ultra-traileur marin » pour relater son arrivée]
VDR : J’ai l’impression que l’annulation des courses a accéléré cette tendance.
Ugo : Oui, c’est normal ! Si tu veux les gens font du sport, à un moment donné, ils ont envie de se dépasser ! C’est bien gentil de faire des semaines et des semaines d’entraînements, mais au bout d’un ou deux mois, t’en as marre, t’as envie de repousser tes limites ! Parce qu’à l’entraînement tu restes quand même dans un truc calibré.

VDR : Excepté le record de D+/D- en 24h, tu as des projets off en tête ou même déjà sur le papier ?
Si oui, de quel type ? À but humanitaire ? En france, à l’étranger ? En courant, à vélo, à la rame, sur les mains ?
Si non, pourquoi ? Programme déjà bien chargé ? Besoin de porter un dossard ou tout simplement tu préfères te concentrer uniquement sur les courses ?
Ugo : Non, pas spécialement. Moi j’aime bien la compétition, le truc de 24heures me faisait bien rire mais pas trop de trucs sur le papier.
Le record de D+/D-, je savais que j’avais des mesures a battre.
Et je savais que des gens allaient le reprendre derrière donc ça gardait un côté compétitif.
Maintenant… traverser un massif… pff… il y a eu un truc avec Romain Berger, Vincent Viet, Paul Mathou et puis deux/trois autres un peu plus anonymes qui ont fait Annecy-Chamonix [NDLR, le projet est nommé AnnCham] avec un très joli parcours certes, mais bon faire une longue randonnée comme ça, ça me gonfle ! J’ai un peu la flemme d’organiser ! Ça ne m’intéresse pas plus que ça. Je fais déjà des longs entraînements tout seuls, donc…
En vélo oui… mais plus des défis persos. Un jour je voudrais aller chez ma copine en vélo, c’est à Clermont-Ferrand, il y a 300 bornes. Mais bon tu verras à peine une photo sur Instagram, rien de superflu.
La rame, non ça m’étonnerait, je ne suis pas un fanatique de l’eau !
Alors peut-être si tu vois ! Mais ça sera une compétition, je me ferai un Iron Man un jour, car ça doit être quand même sacrément spécial. Déjà faudrait que j’apprenne à nager ce qui va être long !
Donc tu vois, ça ne m’intéresse pas plus que ça. Je préfère la compétition et la vraie !
Même si je fais un peu des courses à saucissons parce que des fois je n’ai pas le choix de la date !
Il y a un seul week-end où je ne suis pas speaker, il me faut une course, bon… il n’y a rien de fantasmagorique, donc boom : on prend la course du coin !
En fait, pour moi c’est très simple, l’année s’articule autour d’un objectif world tour en début d’année, l’UTMB et un autre objectif world tour en fin d’année. Chaque année, ça va être Transgrancanaria, UTMB, Cape Town et puis c’est réglé. J’aime bien mes petites habitudes !

VDR : Grâce à toi et à l’écoute des conseils distillés dans tes podcasts, j’ai modifié mon alimentation pré-course.
Ugo : Bon si tu mangeais un sanglier rôti : c’est une très bonne idée, il fallait modifier !

VDR : J’ai abandonné le combo pâtes/jambon au profit du riz/oeufs. Repas bio bien sûr ! Je ne sais pas si ca fait énormément de différence, mais en tout cas ça passe mieux et RAS pour le jour de la course. Merci ! 
Ugo : C’est très bien pour deux raisons.
Les pâtes ne sont pas très néfastes, si toutefois tu n’en manges qu’une fois la veille de course. Le problème c’est le gluten dans les pâtes. Au fil du temps, ça va te développer tout un tas de pathologies. Alors peut-être que tu vas les développer très vite : dans un an ! Ou peut-être que ça va être dans 10 ans, dans 25 ans. Le gluten est un problème et c’est un problème à retardement.
Sauf pour les gens qui deviennent intolérant, là par contre c’est horrible ! Parce que tu ne peux plus du tout en manger.
Moi par exemple, la dernière fois je vais à un restaurant avec un ami et j’ai pris un très joli plat de pâtes. Très très bon, délicieux ! Mais ça ne pose aucun problème puisque il est noyé au milieu de la masse. Il est noyé au milieu de deux semaines sans gluten par exemple. Ni vu ni connu pour mon corps.
Par contre oui, celui qui va manger des pâtes tous les jours, il va développer rapidement une intolérance. C’est dommage, il pourra plus aller se faire plaisir de temps en temps.
Par contre le gluten, c’est intéressant parce que j’ai l’impression que ça se digère vraiment, en tout cas chez moi, top pour une recharge donc après un long entraînement, ou une course. Je sais pas si c’est parce qu’il y a un phénomène de colle mais je me sens plus vite rempli.
C’est bien épisodiquement, un plat de pâte toutes les deux semaines. Tu fais ça avec des bonnes pâtes italiennes. Mais c’est vrai que la veille de course, cet effet « rempli », peut te ballonner. C’est mieux d’éviter. Bon… je ne pense pas que de se priver de pâte la veille de course soit un effort surhumain.
Et le jambon… souvent de très mauvaise qualité. À moins que Tu l’achètes chez un petit producteur, en achetant du jambon grande surface, tu encourages quand même une industrie qui n’est pas loin du crime contre l’humanité ! Sauf que ce n’est pas des humains que l’on tue, donc en général tout le monde s’en branle.
Et le jambon est souvent de très mauvaise qualité ! c’est plus acidifiant que l’œuf donc ouais la veille, tu te fais deux œufs à la coque ou deux œufs au plat et c’est bien !
Et puis l’œuf, c’est très facile de le trouver chez les producteurs. Tu vas sur n’importe quel marché tu en trouves. Sauf si tu habites en plein de cœur de la ville des fous… comment elle s’appelle déjà ? … Paris !
« repas bio bien sûr » Encore une fois, à long terme, tu accumules moins de merde dans ton corps et tu pourras peut être courir deux ans de plus. Peut-être qu’au lieu d’arrêter la course à 60ans , tu l’arrêteras à 62. Aujourd’hui ça te fait rigoler mais le jour où t’auras 60ans tu seras bien content.
Le riz, tu le prends basmati, pas forcément complet parce que le riz complet il va y avoir quelques anti-nutriments un peu chiant à chaque fois. Riz basmati c’est très bien, index glycémique assez bas en plus avec les œufs ça baisse un peu l’index glycémique. Tu prends quelques légumes bien cuits mais pas trop, hop tu baisses encore l’index glycémique et t’es bien !

VDR : Tu optes toujours pour ce type de repas les veilles de course ?
Ugo : Oui, très souvent. Riz/œufs très souvent. Mais même au quotidien des œufs et du riz, j’en bouffe beaucoup, beaucoup ! Énormément !

VDR : En parlant d’alimentation bio, via tes différents partenaires, podcasts, ou posts sur les réseaux, tu prônes souvent la consommation de produits français, locaux et bios de préférence.
Ugo : En France, on fait beaucoup de choses et on le fait souvent même très bien ! Et en plus si ça vient de France, ça vient de pas loin de chez nous ce qui est mieux encore ! Parce qu’un aliment, une fois que tu l’as cueillit, ou que tu l’as récolté ou tué si c’est un animal, tu poses l’aliment sur la table et au fil du temps, il se dégrade. Donc plus vite tu le bouffes, mieux c’est ! Plus tu achètes un truc proche de chez toi, plus il est rempli nutritionnellement parlant.
Le fait que ce soit local, ça te garantit que le machin il y a des choses dedans. Si tu achètes en plein mois de janvier, une tomate à Leclerc, tu as gaspillé ton argent parce qu’il n’y a rien dans ta tomate !
« et bio de préférence », oui, ça permet de ne pas avoir tout un panel de saloperies qui ne vont pas te faire du mal bien sûr dans la semaine ou mois à venir. Mais au fil des ans !
Alors après faut pas tomber dans les extrêmes, ne pas refuser de manger quelque chose parce que c’est pas bio mais le plus possible faire attention.
Si 80% du temps, tu manges bio et que 20% du temps tu manges un peu tout et n’importe quoi parce que tu n’es pas chez toi, parce que tu es invité chez des amis, parce que ceci, parce que cela bah c’est très très bien!
80% de bonnes choses face à 20% de mauvaises choses, c’est génial, on prend, faut pas tomber dans un extrême.
Je suis speaker, quand je suis sur une compétition le week-end, le bénévole m’amène une tartiflette à midi, je lui dis pas « Non, il y a du fromage », je lui dit merci et je la mange. Et puis le lundi par contre, chez moi, je mange une salade. Ça me permet d’avoir un train de vie très sociable, j’emmerde personne et je garde une santé de fer.

VDR : Est-ce que tu vas aller encore plus loin en réduisant tes déplacements par exemple ?
Ugo : Si tu veux au niveau de l’écologie, je pense que je fais parti des gens qui sont exemplaires. Donc ce n’est pas à moi de me donner du mal encore plus que ça.
La majorité des Français sont des immondes porcs. Il y a des constats très simples, tu sors de chez toi, tu vas mettre les poubelles, des gens mélangent tout, les cartons, les trucs et les machins, dès qu’ils font des travaux chez eux, ils jettent tout, ils n’en n’ont rien à branler. Tu vas te promener en forêt, les randonneurs font leur casse-croûte, il laissent tout sur place. Les gens ne font pas l’effort de prendre leur vélo pour aller au travail avec, ils prennent leur bagnole parce qu’ils aiment bien leur confort, ils n’en n’ont rien à branler. Ils surchauffent chez eux, il y a des appartements chauffés à 25°, c’est complètement irréel. Voilà plein de trucs comme ça qui ne vont pas. Je pense que je fais quand même parti des 2 ou 3 % de gens qui polluent le moins dans le monde. Avant que moi je fasse plus d’effort, je vais laisser la masse en faire. Et de toute manière, si la masse n’en fait pas, c’est pas très grave, moi, je survivrai. Comme d’habitude, ce sont les plus faibles qui trinquent et ne faisant pas parti des plus faibles, il n’y a pas de problème !

VDR : Tu t’en doutes, je prends cet exemple par rapport aux récents propos de Xavier Thévenard qui a annoncé arrêter de prendre des vols longs courriers et donc ne plus retourner aux États-Unis.
Ugo : Oui, j’ai trouvé ça assez ridicule, mais d’un côté, je le comprends, il a pas fait beaucoup d’études dans l’écologie. Xavier Thévenard faisait un ou deux vols par an pour aller sur des courses. C’est ridicule quand tu connais le train de vie de Xavier Thévenard !
Xavier, il habite au fin fond du Jura dans une petite maison qui, à mon avis, le connaissant, est loin d’être surchauffé. Il mange tout ce qu’il y a autour de chez lui, que ce soit dans son jardin, que ce soient les champignons qu’il cueille. Il doit avoir une voiture, à mon avis il l’utilise quand même assez peu. Si les gens étaient tous comme Xavier Thévenard, on pourrait tous prendre l’avion deux fois par an et il n’y aurait aucun problème !
C’est aussi son droit de vouloir en faire encore plus et c’est tout à fait louable ! Mais moi, ça ne me chauffe pas plus que ça, je n’ai aucun remord à prendre l’avion pour l’Afrique du Sud tellement je vois des gros porcs autour de moi. Les gens n’en n’ont rien à foutre de l’écologie. De temps en temps, ils ont un mot, mais un mot, c’est pas des actions !
Les gens sont hypocrites, ils te parlent d’écologie et puis il prennent leur voiture pour aller au travail, c’est insupportable ! Ils te font la morale, parce que tu prends une fois l’avion, et eux à côté, ils ont une vie de dépravés. Donc moi c’est bon, je vais pas faire des efforts pour les autres, je mène ma vie comme je l’entends. Et ceux qui ne sont pas contents, c’est pas grave ! Des amis, j’en ai beaucoup, un de plus ou un de moins ca va pas trop changer ma vie. Donc Xavier si il ne veut plus prendre l’avion, bah qu’il le ne prenne plus, c’est une bonne décision. Maintenant, moi je m’en fous je prends l’avion, j’aime bien ! Et vu comment mon train de vie est exemplaire, le reste du temps, ça va !

VDR : Il y a également Thibaut Baronian qui réalise des actes très concrets en changeant de fournisseurs d’énergie pour du 100% renouvelable ou qui a adopté une alimentation quasiment végétarienne.
Ugo : Alors ça, c’est un peu plus de la poudre aux yeux. Thibaut c’est un bon gars, bien sûr, évidemment ! Mais des fournisseurs d’énergie 100% renouvelables… ouais moi aussi mon électricité est soit-disant verte selon mon fournisseur. Je ne sais pas ce que ça veut dire mais il est content ! Thibaut, lui prend beaucoup l’avion… mais encore une fois, je ne lui jette pas la pierre ! Car Thibault c’est son style de vie. Ses légumes, il va les acheter au marché, il se déplace tout le temps en vélo dans sa ville de Besançon pour faire toutes les choses qu’il doit faire. Thibault est exemplaire la majeure partie du temps. Alors oui, il va prendre l’avion quatre ou cinq fois par an, mais par rapport à son style de vie, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Thibault sa m’étonnerait qu’il vive aussi dans un appartement surchauffé le connaissant. Donc ouais c’est quelqu’un qui est exemplaire, là aussi. Après dire qu’une alimentation quasiment végétarienne ne pollue pas… Ça dépend ! Oui et non : On peut faire des immondes et immenses conneries aussi en étant végétarien. Quand tu manges du soja, à un moment donné, le soja, il a bien fallu qu’il pousse. Pour qu’il pousse, il a bien fallu l’arroser. Donc dire que tu vas sauver la planète parce que t’es végétarien c’est un peu léger !

VDR : Ces actions c’est quelque chose qui te parle, ou au contraire tu trouves ça « trop » ? J’ai mon idée sur ta réponse pour le végétarisme mais je te laisse répondre 😉
Ugo : Non ce n’est pas trop. Encore une fois, si on veut agir pour la planète, il faut se concentrer sur ce qui est vraiment grave. Donc là en fait, Baronian et Thévenard, ils sont en train de viser 2% de la pollution dans le monde. Le problème de la pollution dans le monde c’est 20/22 % pour les trajets quotidiens, pour aller au travail, la voiture et encore une bonne vingtaine de pourcents pour les dépenses énergétiques dans les bâtiments. Donc en fait il faut s’attaquer à ça. Et en s’attaquant à ça, tu réduis la pollution dans le monde.
En faisant la chasse au pauvre mec qui va partir une fois dans l’année en vacances, en prenant avion… là en fait, tu détournes les yeux du vrai problème et tu vas emmerder un pauvre gars qui est sans doute très sympathique. Le vrai problème c’est les transports quotidiens et l’immobilier. donc d’abord on résout ça et après on s’intéresse au reste.

Ugo Ferrari et Michel Lanne en commentateursVDR : Tu animes « Le Podcast de Ferrari » sur SoundCloud toutes les semaines…
Ugo : … hé oui, c’est moi !
VDR : …voir quotidiennement en prépa de course ciblée…
Ugo : effectivement effectivement c’est vrai !
Vdr : Merci pour ce partage et ce franc-parler !
Ugo : Oui bon… un jour j’irai en prison, mais c’est pas grave ! J’y suis déjà allé c’est sympa.
VDR : … j’ai appris beaucoup de choses, dans des domaines assez variés !
Ugo Ouais un peu de tout. Alors des fois je dis des conneries, évidemment ! Mais au moins t’as l’expérience, c’est la beauté de l’expérience aussi, c’est que tu te trompes des fois!
VDR : Donc je suppose que ça apporte tout autant à tes auditeurs. Qu’est-ce qu’il t’apporte à toi ?
Ugo : Oui j’ai de bons retours.
Moi ça m’amuse déjà ! C’est le principal, c’est bien ! Et en fait, plus tu en fais, plus tu as d’interactions avec les gens et quand tu fais un podcast tu n’as pas d’interaction avec des connards. Quand tu fais une vidéo YouTube, tu as des gros débiles qui mettent des commentaires, c’est pas la majorité mais t’en as. Alors que quand tu fais un podcast, en générale, le mec il s’est fait chier à t’écouter pendant une heure c’est qu’il fait plutôt parti de la catégorie des gens intelligents. Il va apporter des remarques constructives. Alors des fois c’est des trucs auxquels tu as déjà pensé donc ça ne t’apporte pas grand-chose et des fois tu vois, il dit « j’ai écouté, t’as dis ça, c’est intéressant… bah tu vois, je fais quasiment comme toi, mais je fais ça et tu vois une différence. » Alors même si le mec n’a pas ton train de vie, si il n’a pas ton niveau sportif, tu te dis putain, c’est pas con, je pourrais essayer ça, à mon échelle. Et il y a une petite interaction comme ça, ça m’a aidé sur certains points.
Donc c’est intéressant

VDR : Et comment vas-tu le renommer ?
Ugo : Je ne sais pas, peut-être « Le salon de la borne », « L’amicale de la borne », on m’a donné beaucoup d’idée. Je laisse mûrir la réflexion !

VDR : J’ai découvert récemment ton « Patreon », …
Ugo : Oui, c’est nouveau, je l’ai créé pendant le confinement parce que je m’emmerdais et vu que je suis moi même sur des patreons pour d’autres gens, je donne de l’argent à d’autres gens, je pense à Rudy Coia, je pense à Jean Roch.
VDR : … tu peux m’en dire un peu plus et présenter le contenu que tu y proposes ?
Ugo : Je ne propose pas grand-chose ! Je l’ai surtout fait parce que les gens voulaient me soutenir financièrement ! Alors au début je leur disais « bah non les gars c’est pas vraiment utile » et ils me disaient « ouais mais ça fait deux ans qu’on t’écoute, moi j’ai envie de donner, puis comme ça, ça te fera de la motivation supplémentaire ». OK bah je vais créer ce petit patreon qui est une plate-forme sympa. Vous avez un système d’abonnement, comme ça, dès que vous en avez marre, vous vous dites « ah bah finalement il me fait chier ! » vous pouvez vous désabonner. C’est très simple. Je ne gère rien, la plate-forme gère tout. Donc c’est pour ça que je l’ai fais et après je me suis dit, ah bah, vu qu’ils ont un abonnement, je vais essayer de leur trouver des p’tits trucs en plus.
J’ai toute une foule de documents intéressants à publier. Ça va de mes analyses sanguines à des vieilles interviews de moi, très marrant. Quand j’étais plus jeune et plus con ! Des photos de ma fracture de rotule. C’est un peu le fourre-tout !

VDR : Pourquoi avoir choisi cette plateforme plutôt qu’une autre, comme « Tipeee » qui a son siège social en france par exemple ?
Ugo : C’est un peu différent de Tipee, tu ne déposes pas les choses de la même façon sur patreon : j’ai un bouton qui me permet d’écrire directement, de balancer des PDFs. Tout ça, ça fait un mur, un peu comme sur Facebook ça m’a paru beaucoup plus facile. Alors Tipeee a son siège social en France, c’est une bonne chose. Maintenant est-ce qu’ils payent leurs impôts en France ? Il faudra enquêter ! C’est toujours rigolo, tu fais des découvertes.

VDR : Il est peut être un peu tôt pour en parler mais as-tu déjà coché des courses pour 2021 ?
Tu vas faire un copier/coller de ton année 2020 prévue initialement avec le MIUT, l’UTMB ? Ou au contraire modifier complètement ton programme ? Sans toucher à l’UTMB je suppose !
Ugo : Non non, ce n’est pas trop tôt, je fais toujours pareil.
Il faut simplement que je vois au niveau de la date et des différentes animations que j’aurai mais j’ai très envie de refaire la Transgrancanaria. Vu que cette année j’étais parti sur Madère, j’ai un vol pour Madère à décaler donc il faudrait que j’aille à Madère soit en 2021, soit en 2022.
Suivant les animations, je vais faire Transgrancanaria et/ou Madère.
Après, je fais le 90 du Mont-Blanc. J’adore cette course également.
Et l’UTMB qui est l’objectif majeur chaque année !
En fin d’année, je vais voir… là en l’an 2020, apriori je vais aller à Cape Town. Si ça se passe mal pour X raisons au niveau des frontières, je vais aller à Madère pour un 105 km en décembre. Donc on va voir mais je crois que ça va être Cape Town, la semaine du 105km, je crois que j’ai une animation micro, il faut que je vérifie. Suivant le résultat à Cape Town en 2020, je peux y retourner en 2021, ça va être très sympathique. C’est tellement grand l’Afrique du Sud que tu as plein de points de chutes différents. Il y a encore plein de choses à faire, j’adore ça. J’adore ça ! Mais ouais je touche pas trop ! Voilà ! Il y a de grandes chances qu’en 2022, ce soit pareil quoi, avec un petit record de D+.

Ugo Ferrari, le Duc de Savoie ? Pierre GuilbaudVDR : Quelle question poserais-tu à Vie de Runner ?
Ugo : Écoute je n’en ai pas qui me vienne, je trouve ça très intéressant.
À mon avis, vu comment tu rédiges les questions, vu comment tu es bien cultivé sur tout le bordel, tu peux lancer un podcast et ce serait bien parce que j’ai pas trop le temps de lire, je suis pas souvent assis devant mon PC en train de glander, ni sur mon téléphone. En général quand je poste un truc sur les réseaux sociaux, je suis en train de faire du vélo, une sortie longue dans un col, je m’ennuie un peu et je tue le temps pendant 5 minutes.
Mais chez moi, je fais toujours mille trucs.
À mon avis, tu pourrais lancer ton propre podcast, ce serait intéressant.
Tu en as quelques-uns en trail mais tu n’en as pas 50 non plus et ils ont tous un peu leur spécificité, tu pourrais amener ta pierre à l’édifice.

VDR : Tribune libre, tu peux dire ce que tu veux, un coup de gueule, un conseil au lecteur de Vie de Runner, un sujet qu’on a pas abordé…
Ugo : Non ça va, les actualités sont toutes plus débiles les unes que les autres, donc en fait si on voulait faire un coup de gueule on y passerait la journée. Entre les soignants qui s’aperçoivent qu’en fait, ils ne vont pas avoir leur prime, l’État les a bien enculé, les entreprises qui se sont mises à fabriquer des masques et puis finalement l’État les a acheté en Chine parce que c’était moins cher donc encore une fois, ils se sont bien fait enculer. Les policiers qui se font lâcher par le gouvernement, des groupuscules antiracistes qui te disent que le singe des Coco Pops c’est intolérable, c’est du racisme qu’ils essaient de pousser Kellogg’s en justice. Anne Hidalgo qui veut mettre le périph’ parisien à 30 km/h ET faire des passages piétons. Elle n’a aucune limite ! Voilà, tous les jours il se passe tout un tas de trucs débiles dans ce pays alors moi je regarde un peu comme je regarde un film. Parce que je suis dans ma Savoie, tranquille, et je laisse un peu tout ça de côté, ça m’intéresse pas. C’est idiot, c’est une perte de temps considérable. Les gens qui râlent parce qu’il y a un singe Coco Pops et que c’est du racisme, tu vois ces gens-là, en fait, il faut les envoyer au champ pour ramasser des fraises. Sibeth Ndiaye avait dit qu’on avait pas assez de main-d’œuvre et bah je pense que là, il y a de la main d’œuvre. Le bobo parisien, à mon avis, faut le mettre au travail parce qu’il s’emmerde visiblement. Allez hop, au boulot !

VDR : un conseil aux lecteurs de Vie de Runner ?
Ugo : Je pense que vous êtes en train de lire quelque chose de très très bien et qu’il faut continuer !

VDR : Tu peux me présenter tes partenaires ?
Ugo : Oui, ça leur fera plaisir parce que c’est vrai que je fais très peu de pub.
Alors je fais très peu ce que j’appellerai de la pub poubelle sur les réseaux sociaux.
Tu vois plein de gens à qui on a donné une paire de chaussette et puis ils vont se prendre en photo avec la paire de chaussette. Ça a très peu d’intérêt.

La chaussette de France me donne des chaussettes depuis 2017.
Plus ou moins selon les années. Dès que je n’en ai plus, nouvelle livraisons, hop il y a 10 paires qui arrivent ! Et je les laisse tranquille, pendant des mois! On a une relation tout à fait saine. Je cours au quotidien avec et je cours avec énormément de gens. Je fais une sortie longue, je la propose donc les gens me voient avec ces chaussettes et ils me posent des questions, pendant la sortie. Donc j’ai plus un rôle de commercial pendant que je fais la sortie que de prendre bêtement une photo de moi sur les réseaux. Alors évidemment si je mets une photo de moi sur les réseaux, je vais faire attention à ne pas avoir une paire de chaussette d’une autre marque que j’avais achetée en 2012, qui traînaient au fond du placard, et que j’ai pris parce que ça faisait quatre jours qu’il pleuvait et que j’avais toutes les autres au linge sale ! Donc je vais faire gaff à ça, parce que ce ne serait pas très correct vis à vis de La Chaussette de France.
Ou alors je mets une touche d’humour. La Chaussette de France a sorti des caleçons : je t’ai fait une photo un peu au soleil à Aix-en-Provence en montrant la Sainte-Victoire, c’est une petite touche rigolote !

J’ai les bâtons, via Swix.
Au lieu de te faire une photo « Ouais ils sont pliables, machins et tout »… on s’en fout ! Tout le monde sait qu’ils sont pliables ! Je te fais une story Instagram. « Aujourd’hui, 5000 D+ : ZBAM ! Merci à mes bâtons » C’est marrant. Tout y est : un peu d’humour, le sponsor, la grossièreté de l’entraînement, moi j’adore. Je vois des pubs comme ça, j’ai envie d’acheter alors que je vois un mec qui met « Ouais super mes bâtons, je les ai utilisés 30 minutes aujourd’hui », je m’en fous ça, c’est nul.
D’ailleurs pour la pub, je recommande à tous ceux qui ne l’ont pas vu, et même ceux qui l’ont vu de regarder une nouvelle fois, c’est génial : Le film « 99 Francs ». C’est magnifique !

En sponsor, j’ai aussi Nutriting qui font des compléments alimentaires.
Ils se creusent la tête et c’est pour ça qu’ils ont une gamme qui pourrait paraître pas complète. Ils font uniquement ce qu’ils savent faire, et ce qui marche.
Parce qu’il y a des gens qui te sortent des compléments alimentaires qui sont en fait des placebos. Environ 90% du marché des compléments alimentaires est une blague ! Si vous souhaitez un peu plus d’expertise vous me contactez, je vous dirais si c’est bien ou mal, il y a quand même beaucoup de marque où c’est du foutage de gueule.

Brubeck avec les vêtements !
Pareil c’est vachement bien, les vêtements techniques tu en passes un peu, parce que mine de rien, tu en déchires de temps en temps, tu t’accroches à un arbre, à une saloperie, c’est vite fait. Je m’entraîne beaucoup, là j’ai fait quatre semaines à 30 heures dernièrement donc des vêtements tu en as besoin ! Brubeck font des lifestyle, ils font des design plutôt sympa ! Là, je vais mettre une photo de Brubeck avec un t-shirt lifestyle, je sais pas si c’est du mérinos mais c’est sympa comme textile, et c’est un t-shirt anti-Killian en fait ! Donc je vais mettre une photo « Ça y est j’ai mon t shirt anti-Killian, je peux le battre! » parce que dessus, ils ont mis une abeille ! Ils l’ont peut être pas fait exprès mais c’est drôle ! Voilà tu vois comment faire de la pub en faisant rire tout le monde !

Il y a Altra évidemment.
Là, pareil ! Je leur fais une pub mooonstre parce que quand je cours avec, les gens vont me poser des questions. J’ai dû en faire vendre une sacrée tripotée de paires d’Altra ! Et encore une fois, il y a des gens pour qui je leur dit, « Ne mets pas ça, ton pied est trop fin, tu vas te balader dedans ! Ça sert à rien. » Les gens aiment bien quand tu leur dis les choses. Il suffit d’être vrai, les choses arrivent toute seule. Alors que si tu essaies bêtement de vendre de l’Altra à quelqu’un qui pourra jamais les mettre, c’est complètement débiles !
La gamme Altra s’étoffe chaque année. Donc c’est une boîte qui se développe, tout va bien.

En nutrition, j’avais Alain Roche avec Endur’activ.
On a plus ou moins arrêté. Alain a beaucoup souffert de la crise du COVID-19. C’est un petit auto-entrepreneur par rapport à de grosses entreprises de la nutrition. Donc plutôt que de lui demander de m’envoyer des barres gratos, j’ai préféré ne pas en demander. C’est du très bon produit.

Il y a Baouw qui m’a envoyé quelques barres de manière très sympathique parce qu’ils ont su que j’étais « dans le besoin » et que j’avais perdu momentanément mon travail.

Il y a Näak qui a fait de même.
Eux, ce sont des Canadiens, ils ne vendent pas encore en France mais ça devrait arriver.

Il y a Marius et Magalie qui m’en ont envoyé aussi une petite dizaine.

C’est quatre marques avec lesquelles tu peux tourner. Ce sont des gens humains, sympathiques. C’est bio sauf näak, mais au canada c’est un peu différent. C’est plus ou moins local.
Tu vois Alain pour Endur’activ te prends les meilleurs produits, il va chercher des amandes en Sicile. Baouw pareil, ils se cassent le cul pour aller chercher des aliments les plus proches possibles. Parfois, c’est pas trop possible non plus, il y a des contraintes industrielles parce que les barres sont quand même produites à plus ou moins grande échelle. Marius et Magalie, ils bossent aussi chez eux, c’est bio français.
Voilà, sur ces trois marques tu peux y aller sans souci. Et näak, même si ce n’est pas français et pas bio, ça vient du canada, c’est des gens sympas qui aiment courir et qui font un produit un peu différent, puisque à l’inverse d’Alain, de Baouw, et de Marius et Magalie, näak fait de grosses barres. Elles font 50g alors que les autres font 25g. C’est un très bon complément pour ceux qui font des sorties longues. En vélo, les näak me calent beaucoup quand même.
Je pense que là, tu as quatre marques sous la main, tu peux tourner avec sans souci. Il y a peut être une barre ou deux qui se ressemblent mais hormis ça, elles ne se marchent pas trop dessus parce qu’il y a des gammes très différentes. Donc je trouve intéressant de faire bosser ces quatre entreprises. Peut-être dans le futur, fin 2020, ou pour l’année 2021, je serais sponsorisé par une de ces marques à nouveau. Mais voilà, on va voir, on va laisser évoluer les choses. Baouw c’est fait par mon ostéopathe Benoît Nave donc j’ai forcément une affinité particulière avec eux.

VDR : Merci Ugo pour tes réponses, je passe à la partie « anecdotes » qui est le cœur de « Vie de Runner » !
J’organise d’ailleurs un jeu concours pour faire gagner « Grand trail Extra » d’Alexis Berg. Tu l’as déjà lu ou feuilleté ?
Ugo : Non pas encore, j’ai beaucoup de livres en plus à lire.

VDR : Peux-tu donc me raconter tes propres anecdotes insolites, en tant que coureur, podcasteur, organisateur ou dans un autre domaine lié à la course à pied stp ?
« Les raisons de la déshydratation révélées : je bois à une gourde imaginaire. »Ugo : Je me souviens bien de l’UTMB l’an passé où je me suis arrêté au col de la Seigne pour pisser un coup et c’était du sang ! J’avais mal au ventre depuis une petite heure donc c’est assez logique. Et là bah ouais, si tu veux c’était un peu la panique parce qu’il reste encore 100, 110 kilomètres je crois quand tu es au col de la Seigne. Donc je me demandé un peu comment j’allais rentrer. En fait c’est un secteur où il y a beaucoup de ruisseaux entre le col de la Seigne et le Col Chécroui et je passais mon temps à quitter le sentier balisé de l’UTMB et chercher ruisseau avec la frontale en entendant le bruit de l’eau. J’allais remplir les flasques dans le ruisseau, je reprenais le chemin et je buvais, je buvais, je buvais et j’ai fait ça jusqu’à Courmayeur. Après ça allait ! Donc une anecdote un peu bizarre mais qui finalement se fini bien ! même si on aurait préféré que ce soit nickel dès le début !

VDR : On peut renommer le col de la Seigne en Col de la Saigne maintenant ! Une anecdote pendant ton record des 24h de D+/D- ?
Ugo : Une pendant le record de D+/D-… Donc j’ai attaqué le record assez vite et puis après j’ai pris une espèce de vitesse palier pendant le reste de la journée. Donc j’ai dû faire 3h vite et 8h sur un rythme qui était pas mal et après j’ai pris un autre rythme encore un peu plus faible pour la nuit. Et je me dis, on va essayer de le tenir jusqu’au bout. Et en faite à 2h du matin, j’arrive en haut de la 25e montée, je me retourne pour descendre et là : plus de douleur, je ne sentais rien !
Donc j’ai fait une de mes meilleures descentes et sa durée pendant 3h, espèce de sensation d’euphorie ! Par contre après derrière, c’était le retour de bâton terrible ! Donc très bizarre, très bizarre !

VDR : Une anecdote avec un coureur/coureuse élite ?
Ugo : Alors je pense à Jim Walmsley, et j’en aurais deux !
En 2017, je n’était pas encore inscrit sur l’UTMB car j’allais au Grand Raid de la Réunion. Et donc j’anime à Saint-Gervais le passage des coureurs. Au bout d’un peu moins de 2h de course, Jim arrive avec de l’avance parce qu’il descend très très bien. Il avait 2min d’avance. En fait, il s’arrête au ravitaillement de Saint-Gervais. Alors que d’habitude, personne ne s’arrête ! Il s’arrête et non seulement il remplie ses flasques, mais en plus il attend le deuxième qui était Kilian Jornet donc ça c’était du jamais vu ! Et je lui pose une question ou deux au micro le temps que Kilian arrive deux minutes après. C’étaient très particulier !
[NDLR : Retrouve la vidéo sur le site de l’UTMB où Jim Walmsley fait un pause en attendant de repartir avec Kilian Jornet !]

Et puis toujours avec Jim, l’année d’après en 2018. On fait le départ ensemble, la course se passe, lui était plus ou moins devant. Moi je devais être 20/30ième, plus dans le cœur du peloton. Et en fait à Courmayeur, Jim avait explosé ! Il était là depuis 20 minutes quand je suis arrivé, on repart ensemble. Là tout le staff Hoka lui avait mis le matériel de pluie parce qu’il faisait mauvais. Ils lui avaient mis une cagoule noire et tout, on aurait dit un bébé qui allait dehors avec sa maman ! Et donc on est reparti ensemble.
Il était un peu dépité, forcément, parce ce qu’il avait complètement explosé mais il me disait qu’il voulait à tout prix finir la course pour emmagasiner l’expérience parce que c’était joli et sympa et qu’il voulait donc vraiment finir. On a quitté Courmayeur ensemble, on a fait trois bornes sur la route ensemble et après on arrive au pied de Bertone, la grosse montée. Et là il a pété un plomb, il est monté en courant, donc je me suis dit « C’est bien, il a retrouvé des forces, il va remonter ». Moi je sais pas je devais être 25/30.
Donc je me suis dit, c’est cool, il va remonter, il va faire un top 10
À Bertone il est passé et arrivé à Bonetti, là il marchait sur le plat, il avait grillé peut être la dernière cartouche malheureusement sur un petit coup de sang !

VDR : Une anecdote en tant qu’organisateur ?

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Ugo : Pour la première année au Nivolet Revard, la météo annonçait certes une mauvaise nuit entre le samedi et dimanche mais rien d’affolant non plus, avec juste de la pluie. On était resté vigilant, ça m’avait quand même perturbé. Et à cinq heures du matin, je me réveille et je vois qu’il était en train de neiger et il faisait vraiment froid. Donc on est monté au Revard à six heures du mat’, le départ est à huit heures, voir combien il avait neigé. Il avait neigé 10 cm. On redescend, on se dit « c’est bon on peut donner le départ ». On donne le départ, les coureurs partent et là un bénévole m’appellent à la radio et il me dit, ça s’est remis à neiger ! Et donc en fait, quand les mecs sont arrivés il y avait 20 cm. Donc ils ont pataugé !

VDR : Une anecdote en tant qu’animateur ?
Ugo : En tant qu’animateur chaque course pourrait être une anecdote elle-même. Ah j’ai bien aimé la dernière que j’ai animée au micro, la savoyarde qui est une course de ski de fond populaire qui était classée au marathon ski-tour. Il y avait donc pas mal de bons coureurs. Et c’est un coureur de l’équipe de France qui s’est imposé, qui était venu d’une manière tout à fait sympathique qui avait mené une belle bataille avec les autres coureurs. Il avait gagné avec une quinzaine de secondes d’avance. C’est quelqu’un déjà de très jeune et de très gentil et au micro il a eu tout à fait la bonne réaction du bon sportif accompli qu’on rêve tous d’être ! Donc ça, c’est plutôt l’anecdote sympa et qui fait plaisir ! Cette anecdote montre qu’on peut être parmi les meilleurs mondiaux et venir sur une course de niveau inférieur tout en étant challengé par les mecs du coin et même d’ailleurs parce qu’il y avait quand même un niveau national, tout en étant challengé et au final gagner pour pas grand-chose. Et puis voilà tout à fait sympathique au micro très très bien c’était Clément Parisse. On le voit sur les coupes du monde, sur une distance de 15 bornes, bon c’est difficile d’exister parmi les Norvégiens suédois canadiens finlandais. Compliqué mais l’équipe de France est toujours là pour accrocher une petite médaille ou deux à droite à gauche, c’est ça qu’on aime !

VDR : Merci Ugo pour tes longues réponses et ton franc-parler comme toujours !
Ugo : À bientôt chez toi ou sur une course !

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