jeudi, juin 30, 2022

L’humeur de la rédaction. Le foot de la honte

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Le football français a réussi à décrocher aux JO de Tokyo une très belle 2e place. Oui, vous avez bien lu, et non, ce n’était pas dans la compétition olympique, mais au panthéon des épisodes les plus honteux de l’histoire du foot français.

Un panthéon subjectif, évidemment, et précisons tout de suite que la performance sportive des Bleuets, depuis deux semaines à Tokyo, n’a rien à voir dans tout cela. Les 19 joueurs qui ont été libérés par leur club méritent au contraire tout notre respect pour leur courage de s’être lancés dans une bataille perdue d’avance.

On l’a dit et répété : cette équipe était composée de bric et de broc, de joueurs à l’état de forme disparate et appelés au dernier moment. Elle n’a eu que peu de temps pour se préparer à affronter des Mexicains et des Japonais qui, eux, ont mis un point d’honneur à envoyer leurs meilleurs éléments dans le bain olympique.

Cette honte, donc, n’est pas celle d’une équipe, mais celle d’un football français dans son ensemble et de clubs de Ligue 1 en particulier, désireux de protéger leurs meilleurs joueurs.

Des joueurs, qui, rappelons-le, sont tellement bons, qu’ils ont été ridiculisés par la Suisse en 8e de finale de l’Euro des « grands », et dont certains auraient gagné à participer à la fête olympique. Mais on comprendra que le Paris SG ait voulu préserver Kylian Mbappé (ou Neymar, d’ailleurs) pour préparer Troyes – PSG, le 7 août prochain en ouverture de la Ligue 1, avant un choc Paris – Racing Strasbourg au Parc des princes le week-end suivant.

Pendant ce temps, l’équipe de France olympique n’arrivait pas à monter une opposition à onze contre onze à l’entraînement, et n’y est d’ailleurs pas non plus parvenue en match officiel. Cette bérézina a montré également en creux la perte d’influence de la fédération française de football sur les clubs professionnels, pourtant soutenus à bout de bras par l’État durant la crise du Covid.

Rappelons que, d’après la DNCG, le gendarme financier du football français, le pire est à venir pour les clubs pros de l’Hexagone, qui ne manqueront pas de quémander l’aide de l’État, donc du contribuable, pour sauver leurs intérêts. On sera en droit de leur répondre, à notre tour : « Non merci ».

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