dimanche, juin 26, 2022

« La Suède fait partie des favoris »

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Laura, pour vous, qu’est-ce que représente le tournoi olympique de football féminin ?

« Le football aux Jeux olympiques, c’est très important pour nous dans le football féminin. À mes yeux, c’est l’équivalent d’une Coupe du monde ; c’est donc un moment de promotion, parce que c’est un événement de taille mondiale, où les meilleures sélections s’affrontent. »

Vous avez disputé une édition de ce tournoi (à Londres, en 2012). Quel souvenir en gardez-vous ?

« En 2012, c’était la première fois que la France se qualifiait, et c’est un souvenir exceptionnel. Personnellement, j’avais connu une année compliquée à Lyon, mais ces Jeux ont été un moment phare dans ma carrière, parce que c’est là où je me suis révélée en tant que joueuse. J’ai même marqué un but lors du deuxième match (face à la Corée du Nord, 5-0). Avec le recul, oui, ça a été l’une de mes plus belles compétitions. »

« Je pense qu’on méritait une médaille »

Neuf ans après, la quatrième place reste-t-elle amère ?

« Oui, c’est dur, parce que je pense qu’on méritait une médaille, on avait le niveau pour la décrocher, on dominait le match (le Canada a battu la France 1-0, avec un but inscrit à la 90e, ndlr). Quand j’y repense, c’est dommage parce qu’on avait le talent. Après est-ce qu’on avait l’état d’esprit ? Ça je ne sais pas. Ce qui est compliqué, c’est d’y repenser maintenant et de se dire qu’une médaille, c’est quelque chose d’exceptionnel dans une carrière. On a échoué, et c’est triste. »

Surtout que quatre ans après Londres, vous manquez Rio malgré la qualification de l’équipe pour la compétition…

« À cette époque, c’était compliqué parce que je revenais d’une blessure, je travaillais à fond pour être présente aux Jeux de Rio. Mais à un peu plus d’une semaine de la compétition, j’ai senti une douleur m’échauffant, comme une décharge : c’était une élongation. Ensuite, on n’a pas pris le risque de soigner ça à la hâte, à 10 jours du tournoi olympique. »

À vous écouter, on a l’impression que les Jeux représentent plus qu’un Mondial !

« C’est vrai que c’est énorme. Mieux que la Coupe du monde, je ne sais pas trop… Ce qui est compliqué, c’est qu’aux Jeux olympiques, on n’est pas tout de suite au village, donc on ne sent pas tout de suite l’effervescence olympique en fait, on reste dans un rythme de Coupe du monde. Mais après, dès qu’on arrive au village, c’est quelque chose d’exceptionnel : on peut croiser des sportifs comme Federer, Pau Gasol, Tony Parker, etc… Là, à ce moment, on se dit que les Jeux olympiques c’est quelque chose de spécial. »

« Les Pays-Bas sont toujours là »

Ca laisse donc à penser que la non-qualification de l’équipe de France cette année est dommage pour l’image renvoyée, non ?

« Ce n’est pas dommage par rapport à l’image, c’est surtout dommage par rapport au talent qu’elles ont, parce que c’est l’occasion de remporter un super titre, parce que c’est une belle fête et que tout le monde veut jouer contre les meilleures équipes. La France a vraiment sa place dans ce tournoi, mais les Bleues ont connu un Mondial à la maison frustrant, et ça les a privées de cette qualification. Maintenant, il y a une réflexion qui, selon moi, doit se poser, c’est celle de l’organisation d’un Tournoi de Qualification Olympique (T.Q.O.). La Coupe du monde c’est une chose, mais une qualification pour des Jeux olympiques, c’est autre chose encore. »

Lors des premiers matches, on a vu une grosse surprise, avec la défaite des Etats-Unis contre la Suède (3-0). Est-ce un résultat si inattendu que ça ?

« Les amateurs de football féminin se disent forcément que les Etats-Unis doivent viser minimum la finale. Mais il faut savoir que sur le dernier tournoi, elles ont déjà été éliminées en quarts face à ces mêmes Suédoises. A croire que tout le monde progresse, que personne ne craint les grosses nations. Mais tant mieux, ça veut dire que le football progresse, que les filles progressent… On voit plein de transferts à l’international aussi, ça veut dire qu’il y a un développement. »

Le statut de cette sélection américaine, considérée comme intouchable, peut-il leur jouer des tours ?

« C’est ça aussi d’être un leader mondial : on est toujours attendu. On gagne un titre, donc on est attendu au match suivant. Du coup la question qui se pose pour ces sélections, c’est comment on maintient ce niveau d’excellence. C’est ça la beauté du sport en fait. »

Qui placez-vous parmi les favoris de la compétition maintenant ?

« Au vu des derniers matches, la Suède fait partie des favoris, vraiment. Il y a aussi les Etats-Unis, forcément. Et puis je dirais les Pays-Bas, qui sont toujours là en demi-finale voire en finale… Elles sont championnes d’Europe en titre, finalistes de la Coupe du monde, donc il ne faut pas les oublier. Pour la Suède et les Etats-Unis, c’est une longue histoire, elles se connaissent très bien. C’est presque comme un derby, donc on va suivre ça de très près. »

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