mardi, juin 28, 2022

L’humeur de la rédaction. Gerd und Gisela

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Si vous êtes nés dans un coin d’Alsace au tournant des années soixante, vous avez forcément été encore un peu plus peinés d’apprendre la mort de Gerd Müller ce dimanche.

Car pour vous, le « Bomber der Nation » était un peu plus qu’un footballeur de légende, qu’une ligne de statistiques. C’était une partie de votre enfance.

Aux plus vieux, nous dirons que ce qui nous touche, c’est que Gerd Müller avait l’âge de nos parents, que nous étions assis sur leurs genoux quand nous regardions ses exploits à la Coupe du monde 1974.

Aux plus jeunes, nous rappellerons qu’à cette époque, Internet n’existait pas, les smartphones non plus et qu’il n’y avait de loin pas une télévision dans chaque maison. La France n’avait pas encore remporté deux Coupes du monde, d’ailleurs elle était absente de la phase finale aussi bien au Mexique en 1970 qu’en Allemagne en 1974. Tout ça pour vous dire qu’on n’avait pas le choix, quand on était un petit Alsacien amoureux du foot : en 1974, il fallait choisir entre supporter l’Allemagne ou les Pays-Bas. Et forcément, parce qu’on regardait la « Sportschau » – Téléfoot n’existait pas non plus -, on connaissait tous les joueurs de la Mannschaft.

Parce qu’on était alsacien et qu’on le parlait, on comprenait l’allemand et c’est aussi pour cela qu’on est triste aujourd’hui. Parce qu’apprendre l’allemand en entendant « Was für ein Knaller von Gerd Müller ! », c’était autrement plus marrant que « Rolf und Gisela spielen Tischtennis » et que cette conne de Pfeife qui n’a rien à foutre sur le Schrank.

Gerd Müller était dans notre imaginaire de gosse au même titre que Winnetou et Old Shätterhand, tous les cowboys de « Western von gestern », que le Sandmänchen. Dimanche, c’est comme si on nous avait annoncé que Flipper ou Rintintin, deux autres amis de jeux, étaient morts.

Mais on sait bien qu’ils ne mourront jamais, qu’ils seront toujours quelque part en nous, tant que notre mémoire ne nous joue pas des tours. Et quand bien même… Si un jour, dans nos vieux jours, on devait retomber en enfance, on ne serait pas si malheureux de les y retrouver.

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